La Princesse de Montpensier

Film de Bertrand Tavernier
avec Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel, Lambert Wilson, Grégoire Leprince-Ringuet

La Princesse de Montpensier dans Cinema la-princesse-montpensier

Sorti au cinéma, ce film (que dis-je ? cette oeuvre !) est adapté de la nouvelle de Mme de Lafayette (XVIIe siècle). L’histoire ? Dans un XVIe siècle ravagé par les guerres de religions entre Catholiques et Protestants, la très jeune aristocrate Marie de Mézières (Mélanie Thierry, on s’en serait douté)  se voit obligée par son père d’épouser un prince (Grégoire L.-R.) qu’elle connaît à peine, alors même que son coeur bat pour le séduisant duc de Guise (Gaspard Ulliel). Dans sa nouvelle vie de princesse très esseulée – son mari repart aussitôt le mariage passé combattre au côté des Catholiques – elle se lie d’amitié avec son précepteur, qui n’est autre que Lambert Wilson, qui n’est pas indifférent aux charmes de la demoiselle. Elle tente d’oublier la passion dévorante qui la lie à Gaspard, pardon au duc de Guise, et devient bien malgré elle la source de rivalités entre ces hommes, auxquels s’ajoute le duc d’Anjou (Raphaël Personnaz).

Amateurs de films historiques, ceci est de l’or, précipitez-vous si vous ne l’avez pas encore admiré. Quant aux plus hésitants, eh bien…faites de même ! Je parle en connaissance de cause, moi qui n’apprécie en général que peu les films historiques. Celui-ci m’a bluffée.
Lorsque l’on est face aux magnifiques paysages que les personnages parcours à cheval, en bateau, à pieds, lorsqu’on contemple les chateaux, les robes, l’envie soudaine de vivre ce siècle nous avale. Lorsqu’on aperçoit la cruauté, la violence et l’absurdité des guerres de religion, très bien résumées par une réplique de Lambert Wilson (”???”), et bien sûr, la condition de la femme, et même de l’homme, à cette époque, on se dit finalement qu’on est bien au XIXe siècle. Car la condition de la femme, elle est frappante : Marie, enfermée dans son chateau, ennuyée par cette vie d’attente, va essayer de s’élever, de sortir de cette situation, par l’apprentissage, de l’écriture, du latin, de la poésie, de l’astronomie, à l’aide de son précepteur. Lequel est la figure-même de l’Humaniste au savoir encyclopédique, qui préfère la culture à la violence inutile et inhumaine de la guerre. Revenons à Marie. Une femme donc très moderne, qui n’a de cesse de sortir de sa prison invisible, de vivre son véritable amour, de vivre pleinement ses sentiments. Tiraillée entre son devoir et son coeur, elle fait face à un monde qui n’est encore pas prêt à cette modernité. Mélanie Thierry est excellente dans ce personnage, bien qu’un peu agaçante au début (on s’y habitue vite). Gaspard Ulliel joue à la perfection son rôle de guerrier absolument charmant, Lambert Wilson est un sage débordant d’amour et de gentillesse, qu’on aimerait compter parmi ses amis, et Raphaël Personnaz est la touche d’humour qu’il fallait à ce film pour lui donner un peu de légèreté. Un peu plus de réserve sur Grégoire Leprince-Ringuet, dont la performance dans ce film est apparemment très critiquée. Son jeu est en effet assez plat, il semble un peu fade parmi tous ces brillants acteurs. Cela correspond cependant bien selon moi au personnage, qui est lui-même un peu bourru, un peu perdu face à cette femme qu’il est obligé d’épouser, qu’il aime, mais qui ne semble pas heureuse de cette situation. La question est alors : sa façon de jouer est-elle volontaire ? Si c’est le cas, chapeau. Sinon… il devrait envisager de reprendre quelques cours de théâtre.

En conclusion, un petit moment de bonheur, et une bonne revanche sur le gouvernement qui ne donne plus du tout la part belle à l’Histoire.

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